Dernière mise à jour : 16 octobre 2026, à 15h34.
À l’automne 1870, Arthur Rimbaud a quinze ans — il ne fêtera ses seize ans que le 20 octobre —, la France est en guerre et le jeune poète s’enfuit de Charleville. Deux fugues, deux séjours à Douai, et vingt-deux poèmes recopiés de sa main qu’il confie à Paul Demeny, poète et éditeur local. Ces feuillets, connus depuis sous le nom de « Cahiers de Douai » (ou « Recueil Demeny »), forment le premier ensemble cohérent de l’œuvre de Rimbaud. On y lit un adolescent qui maîtrise déjà le vers classique tout en le chargeant d’une énergie neuve — celle de la révolte, du vagabondage et d’un appétit de vivre qui déborde chaque alexandrin. Arthur Rimbaud a eu une histoire d’amour compliquée avec Paul Verlaine.
Thèmes : l’amour – nature –
Première soirée
Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.
Assise sur ma grande chaise,
Mi-nue, elle joignait les mains.
Sur le plancher frissonnaient d’aise
Ses petits pieds si fins, si fins.
— Je regardai, couleur de cire,
Un petit rayon buissonnier
Papillonner dans son sourire
Et sur son sein, — mouche au rosier.
— Je baisai ses fines chevilles.
Elle eut un doux rire brutal
Qui s’égrenait en claires trilles,
Un joli rire de cristal.
Les petits pieds sous la chemise
Se sauvèrent : « Veux-tu finir ! »
— La première audace permise,
Le rire feignait de punir !
— Pauvrets palpitants sous ma lèvre,
Je baisai doucement ses yeux :
— Elle jeta sa tête mièvre
En arrière : « Oh ! c’est encor mieux !…
Monsieur, j’ai deux mots à te dire… »
— Je lui jetai le reste au sein
Dans un baiser, qui la fit rire
D’un bon rire qui voulait bien…
— Elle était fort déshabillée
Et de grands arbres indiscrets
Aux vitres jetaient leur feuillée
Malinement, tout près, tout près.
Le commentaire
Raconte la soirée amoureuse qu’il a passée avec une fille. Il la décrit. Il compare les arbres à des personnes qui observent ce qu’ils se passent pendant leurs échanges.
Sensation
Il exprime ses sensations à travers la nature. Il dit sentir la fraîcheur à ses pieds. Être avec la nature est comme être avec une femme.
Le Forgeron
Il a voulu présenter la force du peuple face au roi. Le forgeron représente l’union de toutes les membres de la société contre le souverain.
Soleil et Chair
Il y parle de Venus, déesse de la Beauté. Il ne fait pas l’éloge de l’être humain.
Ophélie
Hommage au tableau de John Everett Millais (1851-1852)
Bal des pendus
Il a voulu exprimer le contrôle Messire Belzébuth sur les Palatins. Il voulait les forcer à continuer.
Le Châtiment de Tartufe
Vénus anadyomène
Les Reparties de Nina
À la musique
Morts de Quatre-vingt-douze et de Quatre-vingt-treize…
Rages de Césars
Deuxième cahier (sept poèmes)
Remis après la deuxième fugue (octobre 1870) :
Ma Bohème
Rêvé pour l’hiver
Le Dormeur du val
C’est un trou de verdure où chante une rivière,
Accrochant follement aux herbes des haillons
D’argent ; où le soleil, de la montagne fière,
Luit : c’est un petit val qui mousse de rayons.
Un soldat jeune, bouche ouverte, tête nue,
Et la nuque baignant dans le frais cresson bleu,
Dort ; il est étendu dans l’herbe, sous la nue,
Pâle dans son lit vert où la lumière pleut.
Les pieds dans les glaïeuls, il dort. Souriant comme
Sourirait un enfant malade, il fait un somme :
Nature, berce-le chaudement : il a froid.
Les parfums ne font pas frissonner sa narine ;
Il dort dans le soleil, la main sur sa poitrine
Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.
Le commentaire
Il présente jeune soldat « endormi » sur le sol. Vers la fin du texte, on comprend qu’il a été tué par deux balles sur le côté droit.
Au Cabaret-Vert
La Maline
L’Éclatante Victoire de Sarrebrück
Le Buffet
C’est un large buffet sculpté ; le chêne sombre,
Très vieux, a pris cet air si bon des vieilles gens ;
Le buffet est ouvert, et verse dans son ombre
Comme un flot de vin vieux, des parfums engageants ;
Tout plein, c’est un fouillis de vieilles vieilleries,
De linges odorants et jaunes, de chiffons
De femmes ou d’enfants, de dentelles flétries,
De fichus de grand’mère où sont peints des griffons ;
— C’est là qu’on trouverait les médaillons, les mèches
De cheveux blancs ou blonds, les portraits, les fleurs sèches
Dont le parfum se mêle à des parfums de fruits.
— Ô buffet du vieux temps, tu sais bien des histoires,
Et tu voudrais conter tes contes, et tu bruis
Quand s’ouvrent lentement tes grandes portes noires.
Le commentaire
Le buffet est une armoire à souvenirs de son enfance. Chaque objet appartient à son histoire.
Glossaire
Tyrannie
Nature
Amour
Pour aller plus loin …
Albatros – Charles Baudelaire
Diapo. Culture littéraire – ystor.org
